Démocratiser les structures judiciaires

Démocratiser les structures judiciaires

10 mars 2016 - ULB - Colloque organisé par l'Association Syndicale des Magistrats en collaboration avec l'Unité de droit judiciaire de l'ULB (dir. scient. Manuela Cadelli)

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Benoit Frydman

Vous pouvez consulter et télécharger ici la contribution de Benoît Frydman

Benoit Frydman

Benoît Frydman est juriste et philosophe. 

Il est Président du Centre Perelman de philosophie du droit et Professeur ordinaire à la Faculté de Droit de l’Université Libre de Bruxelles, il a également été professeur affilié à Sciences Po Paris et enseigne à l’Université Goethe de Francfort dans le cadre du European LLM in Legal Theory. 

 

Benoit Frydman est membre de l’Académie Royale de Belgique et vice-Président de l’Académie européenne de théorie du droit.

Benoit Frydman enseigne la philosophie et la théorie du droit, l’argumentation et l’interprétation juridiques, le droit global et la responsabilité sociale des entreprises.

 

L'intitulé de son intervention est:

Les juges dans la démocratie

 

contact: bfrydman@ulb.ac.be

 

 

Ci-dessous, quelques contributions de Benoît Frydman au débat:

 

Management judiciaire et hiérarchie

 

Dans un article intitulé «Le management judiciaire comme alternative à la procédure», Benoît Frydman analyse cette rencontre entre les méthodes de management et le monde judiciaire. Il rappelle que sous l'aspect de simple «technique», les méthodes de management véhiculent forcément des valeurs sous-jacentes et transforment la réalité du métier. Il identifie trois principaux instruments de management judiciaire en cours : les indicateurs de performance ; l'enregistrement de ces indicateurs avec construction de moyennes (benchmarking), pouvant constituer des outils puissants de direction des comportements ; audits et évaluation mettant en place des procédures de contrôle. Benoît Frydman voit dans ces méthodes de management des effets néfastes dans un premier temps communs aux professions qui requiert liberté et indépendance de jugement et dans un second temps particuliers au métier de juge. De manière générale, l'auteur observe que ces méthodes engendrent hostilité, parfois conflit. Il note également des comportements de démission, de désinvestissement et de déresponsabilisation notamment pour les personnes vivant leur métier avec passion ou de manière investie. Les logiques managériales auraient pour effet contre-productif le raisonnement suivant : puisque l'on ne me fait plus confiance, je me limiterai à ce qui est strictement imposé sans en faire davantage. L'autre effet pervers de ces logiques managériales repéré par B. Frydman est l'introduction de stratégies de ruse avec les indicateurs, visant uniquement à améliorer les coefficients, sans rapport avec l'efficience de terrain. Il ajoute : «il se pourrait que le management modifie l'éthique même du travail, au sens profond du terme englobant à la fois le mode de vie et la déontologie, qui serait aliénés aux indicateurs et à ceux qui vérifient avec des effets de déresponsabilisation, de perte de sens, voire d'atteinte à la dignité». S'agissant particulièrement du management des juges, B. Frydman fait observer que le nouveau management a pour effet de renforcer les rapports et logiques hiérarchiques (texte ci-dessous).

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